Rencontre avec Honorine, 15 ans, ramasseuse de balles à Roland-Garros en 2016 et 2017.


Actu, Tournoi / lundi, avril 23rd, 2018

Tout d’abord, pourquoi as-tu voulu devenir ramasseuse de balles ?

Je joue au tennis depuis mes 4 ans donc ce sport a toujours fait partie de ma vie. Roland Garros c’est un tournoi que je regarde chaque année alors je ne pouvais pas manquer l’opportunité d’y participer. Côtoyer les grands joueurs, fouler la terre battue de Roland Garros, parler de tennis avec d’autres passionnés pendant 3 semaines, rater les cours, … c’est le rêve de tous les jeunes qui pratiquent le tennis !!! S’inscrire aux sélections c’était aussi un grand challenge puisque nous étions plus de 5 000 au départ pour un effectif de 250 ramasseurs à l’arrivée. Il fallait donc se démarquer.

 

 Qu’est ce qu’un bon ramasseur de balles ?

Un bon ramasseur c’est quelqu’un qui est discret, rapide et efficace. Son objectif principal est qu’on ne le voit pas. Pour cela le secret c’est l’anticipation. Même s’il fait chaud ou bien que l’on soit fatigué, il faut toujours rester concentré et réactif. Il faut aussi avoir un bon esprit d’équipe puisque sur le court nous sommes une équipe ! Il faut aussi de la rigueur. Toutes ces qualités sont indispensables.
Quels sont les joueurs les plus sympas avec les ramasseurs ?
Tsonga et Monfils sont vraiment toujours gentils. Ils nous disent « merci », « s’il te plait ». Une fois après avoir mal rattrapé une balle je m’étais fait un peu mal à un doigt (mais rien d’insupportable), Monfils m’avait demandé si ça allait. Ce sont des petites intentions mais qui font toujours plaisir. Globalement les joueurs sont plutôt cool avec nous. Par contre Murray et Gasquet ne sont pas trop appréciés des ramasseurs.

 

Quel est ton meilleur moment passé à Roland Garros ?

Il n’y a pas un moment particulier parce que à Roland Garros tous les moments sont uniques. Après si je devais en choisir un seul, je dirais quand en 2016 Djokovic est venu participer à l’échauffement un matin. Mais il y a eu plein d’autres moments inoubliables et même si ce sont des petites choses, je m’en rappellerais toute ma vie. Par exemple à la fin d’un de ses matchs, David Goffin m’avait donné son poignet-éponge ou encore en rentrant sur le terrain, Lucas Pouille m’avait fait un check. Parfois un simple « merci » des joueurs fait vraiment très plaisir. Les moments comme ceux-là sont un peu la récompense de tous nos efforts.

 

Comment as-tu vécu ces 3 semaines de tournoi ?

L’ambiance entre les ramasseurs est vraiment incroyable. On est une grande famille : la famille des ballos ! Physiquement c’est dur, mais le fait que l’on vive cette aventure ensemble compense largement les courbatures que l’on a le soir. Et puis on se sent privilégié de vivre le tournoi de l’intérieur. Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir être sur le Central et de se tenir à une dizaine de centimètre de Nadal ! Alors on savoure tous les instants. C’est vraiment 3 semaines de bonheur où il faut profiter de chaque seconde !

 

Qu’est ce que Roland Garros t’a apporté dans ta vie ?

Le fait de côtoyer des ramasseurs qui viennent de différentes régions voir même de différents pays (puisqu’il y a des ramasseurs chinois et australiens) permet de découvrir d’autres cultures et d’autres modes de vie. On se fait pleins d’amis. On en ressort vraiment riches de nombreux souvenirs. Ce sont des moments qui marquent une vie.

 

En quelques mots, que dirais-tu à un jeune qui voudrait lui aussi être ramasseur?

De s’inscrire immédiatement ! Il n’a rien à perdre ! Tout à gagner !
Il faut aussi qu’il profite des moments que l’on passe aux sélections car tout est fait pour que l’on soit content. Il faut qu’il s’entraîne beaucoup aux roulés avant s’il veut se donner les chances de réussir parce que c’est la base du ramasseur (un bon ramasseur à un bon roulé). S’il n’est pas sélectionné, qu’il ne désespère pas car beaucoup de ramasseurs ne sont pas pris dès la première sélection.
Et même si les sélections sont difficiles cela vaut vraiment le coût. Après l’effort, le réconfort !!!

 

Un grand merci à Honorine pour cette interview.

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